Coast Unclear Seeks Rained Parade

Chloe Wise
26.0507.07.18

 

 

 

 

 

(Scroller pour le français)

 

We are very pleased to present the second solo show of the artist Chloe Wise at the gallery.
For this new series of portraits, Wise continues to paint her close friends, exploring themes of representation, identity and subject-object relationships. A sort of mise en abyme element allows us to trace fragments of her paintings in the backdrops of these works, also hinting at intimate moments within her studio.
In doing so, Wise adds an element that supports her particular way of connecting her work to her private life. She thus evokes the porosity of the borders existing between workplace and domesticity, but also approaches the representation of friendship and privacy, and the limitations imposed on this narrative by portraiture. Here, we find the de-facto political aspect of the portraitist’s act, her sharing of her reality as a New York female artist who chooses her subjects – brought together first due to belonging to the same generation and cultural community, and then based on a more intimate bond: their friendship with Chloe Wise and her act of painting.
To go further in sharing this intimacy, two young New York art curators, friends of Wise and models for this series, entered into an e-mail conversation about Wise’s work and turned it into a text. Below is an excerpt:

“Can we imagine an intimate friendship between the two likenesses of close friends? Do these paintings speak to one another—giggling, listening, gossiping, passing time when no one is looking? A ludicrous thought probably. Chatting in her studio, the painter and her friend-cum-subject sit at the feet of a portrait of another mutual friend, tuned into the kind of listener this last sitter would be; his imagined opinion chiming into the present party’s conversation. The room reverberates with a playful echo, it is filled with the odd comfort of an incessant doubling. Echo can never be a hero, but she’ll have the last word.

(…) While having the private portion of yourself externalized and depersonalized may feel like the most distancing instance, there is a difference between the thing and the thing represented. A remainder that resists translation; the shifting part of subjecthood no one has access to, not even the person who is being represented. Maybe intimacy is guaranteed on the basis of this massive distance.

Let us track (put in the work!) the surplus we’re pointing to, the surplus that intimacy seems to piggyback on. This is, to a degree, where the auratic quality of the portrait springs from. We hope to avoid uncritically extolling such terms and qualities (like Benjamin, we see no easy virtue to be found in the aura’s preservation or waning) and the centrifugal motion of Chloe Wise’s series cannibalizes this preciousness in the mechanic sense. One portrait is nested within and displaced onto another and each canvas is discernibly housed in her studio: objects gathered in one space only to be moved outward. The series sets equivocal boundaries between insides and outsides, forcing these positions to negotiate their terms of intelligibility—what it means to be on the inside or to be an observer looking in and the slippage between both places. “  *
* How to look at a friend : How a friend looks, Loreta lamargese and Adam Gill, 2018.

To access the full text, please click here.
 

                                                                                         

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Nous avons le plaisir de présenter la deuxième exposition solo de l’artiste Chloe Wise à la galerie.
Pour cette nouvelle série de portraits, Wise continue de peindre ses amis proches, en explorant les thèmes de la représentation, de l’identité et les relations de sujet-objet, par une sorte de mise en abîme où l’on retrouve des fragments de ses autres pièces en arrière-plan, et où l’on peut aussi deviner son atelier.
Ce faisant Wise ajoute un élément appuyant sa manière particulière de lier son travail et sa vie privée, évoquant ainsi la porosité des frontières entre lieu de travail et domesticité, mais aussi la représentation de l’amitié ou du privé, des limites de cette narration à travers le portrait. On y retrouve aussi de fait l’aspect politique de l’acte portraitiste, partageant sa réalité de femme artiste new-yorkaise qui choisit ses sujets - réunis d’abord par leur appartenance à la même génération et à la même communauté culturelle, puis par un lien plus intime, leur amitié avec Chloe Wise et son acte de peinture.
Pour aller plus avant dans le partage de cette intimité, 2 jeunes curateurs new-yorkais, amis de Wise, et modèles pour cette série se sont prêtés à une conversation par emails interposés au sujet du travail de Wise, puis en ont fait un texte dont voici un extrait :
“Pouvons-nous imaginer le degré d’intimité entre deux représentations de deux amies proches ? Est-ce que ces tableaux se parlent, gloussant, écoutant, bavardant, égrenant ainsi le temps quand personne ne les regarde ? Sûrement une idée ridicule. Papotant dans son atelier, la peintre et son ami/modèle sont assis au pied du portrait d'une de leurs connaissances communes, essayant de percevoir sa façon d’écouter et de deviner sa pensée ; son avis imaginaire illumine la conversation. La pièce résonne de cet écho enjoué, elle se nourrit de la présence de ce double.
Echo ne peut jamais être une héroïne, mais elle aura le dernier mot.

(…)Si de voir son intimité extériorisée et dépersonnalisée peut sembler être une instance qui résulte à un certain éloignement de soi, il y a une différence entre la chose et sa représentation. Un reste qui résiste à toute représentation, la partie changeante du sujet à laquelle personne n’a accès, pas même la personne qui est représentée. Peut-être l’intimité repose t’elle sur la base de cette distance importante.

Suivons (Au travail !) cette émanation qui se dégage de chacun, cette émanation à laquelle l'intimité de chacun s’attache. C’est de là que provient la qualité auratique d’un portrait. Il ne faut pas exalter cette aura, lui donner trop d’importance (Walter Benjamin a raison, pourquoi se bagarrer pour ou contre la perte de l’aura ?). La série de portraits de Chloe Wise cannibalise cette précieuse aura de façon mécanique. Les portraits s’imbriquent, naviguent d’une toile à une autre, des objets sont rassemblés uniquement dans le but d’être déplacés. Chloe établit des frontières ambiguës entre l’intérieur et l’extérieur de la toile, forçant le regard à négocier avec sa compréhension de l’espace, pour saisir où se situe l’œuvre et comment il faut glisser de part et d’autre de ses confins.”*
* How to look at a friend : How a friend looks, Loreta lamargese and Adam Gill, 2018.
 

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