Romance
Walter Robinson
31.0104.03.17
 
 
 
 
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Récemment, le travail de Walter Robinson apparaît comme une re-découverte majeure.
Peintre discret mais critique d’art bien connu depuis les années 80, il a co-fondé le magazine Artnet et écrit régulièrement dans la presse dédiée. Il est à ce titre l’auteur en 2014 du terme « zombie formalism », qui a ouvert un large débat et un nouveau point de vue sur les effets du marché récent.
Dans sa peinture en revanche, il affirme ne rien inventer. Selon lui tout aurait déjà été fait, il serait donc inutile de s’efforcer en vain à créer du nouveau, mais plus intéressant d’assumer clairement qu’on ne fait que « copier ». Le ton de Robinson, aussi lorsqu’il parle du consumérisme comme d’un monde parfait, semble toujours ironique mais jamais cynique. Il aime jouer, et déteste la moralisation.
Le travail est pourtant plus sérieux qu’il le prétend, et empreint de nombreuses références à l’histoire de l’art.
Il peint des images de désir, allant de l’élan passionné des couples sur les couvertures de romans populaires à celui plus matérialiste des produits de consommation courants (vêtements, nourriture, produits cosmétiques, billets de banque…), comme sur les images publicitaires qu’il aime aussi « voler ».
Sa peinture figurative est exubérante et généreuse, courageuse et d’une grande fraicheur, ayant traversé tous les courants opposés sans jamais se rendre, sans se trahir.
L’exposition met en avant la série de peintures Romance, inspirée par les images de couvertures des romans de gare ou romantico-érotiques.
Il a initié cette série dès le début de sa pratique et continue encore aujourd’hui à l’enrichir de nouvelles compositions.
Le sujet est à la fois complètement désuet et dégage une très forte puissance. Les personnages sont datés alors que les sensations sont intactes, intemporelles. En regardant ces peintures, il apparaît tout d’abord évident que Walter Robinson aime ce médium, et le plaisir qu’il prend émane de ses tableaux. Il s’approprie ces images et tire parti de leur charge sexuelle. Son opération les transforme cependant, leur offre un autre statut et une dimension mythique. C’est cette dernière qui résonne en nous à la vue de ses peintures.
Walter Robinson est né en 1950 à New York. Son travail a été exposé dans de nombreuses galeries ( Metro Picture, Jeffrey Deitch…) et collectionné par de grandes institutions (MOMA, Whitney Museum…).

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The work of Walter Robinson has recently emerged as a major rediscovery.
A discreet painter but a well-known art critic since the 1980s, he co-founded the magazine Artnet and writes regularly in the specialist press. In that capacity, in 2014 he coined the term “Zombie Formalism”, that opened a large debate and offered a new point of view on the recent effects of the art market.
In his painting, on the other hand, he says he invents nothing. According to him, since everything has already been done, it would be pointless to try to create something new, and much more interesting to clearly admit that we are just « copying ». Robinson’s tone, also when talking about consumerism as a perfect world, always seems ironic, but never cynical. He likes to play, and hates moralizing. But his work is more serious than he claims, and is marked by many references to art history.
He paints images of desire, ranging from the passionate desire of couples on the covers of popular novels to the more materialistic desire for daily consumer products (clothes, food, cosmetics, dollar bills…), as in the advertising images that he also likes to “steal”.
His figurative painting is exuberant and generous, and it asserts itself courageously and with great freshness, having passed through all of the opposing currents without ever surrendering or betraying itself.
The exhibition particularly highlights his Romance series, inspired by the covers of pulp romances. He initiated the series when he was just starting to paint and continues to enrich it today with new compositions.
The subject is completely old-fashioned and yet radiates intense power. The characters are dated while the sensations remain intact, timeless. Looking at these paintings, what is immediately clear is that Walter Robinson loves this medium, and his pleasure in it emanates from his work. He appropriates the images and makes good use of their sexual charge. His process, however, transforms them, giving them another status and a mythical dimension. It is the latter that resonates in us when we look at his paintings.
Walter Robinson was born in New York in 1950. His work has been shown in many galleries (Metro Picture, Jeffrey Deitch…) and is part of important collections (MOMA, Whitney Museum…).