Icons : West & East
Alexander Kosolapov
30.0917.12.16
 
 
 
 
 
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Alexander Kosolapov est né à Moscou en 1943, et émigre au Etats-Unis en 1975.
En pleine guerre froide, il développe un travail de réappropriation et de détournement, en combinant les symboles de la propagande politique soviétique et ceux de la publicité commerciale américaine. La déification des masses est à l’œuvre dans ces 2 corpus, pour sa force d’achat à l’Ouest, et pour sa force de production à l’Est.
Les symboles religieux, l’imagerie du divertissement populaire, ainsi que les grandes figures de l’Histoire de l’Art occidental s’ajoutent aussi dans sa pratique de détournement, formant la structure des systèmes idéologiques qui l’interrogent et le font réagir.
Kosolapov fût un précurseur de ce type d’opérations, aujourd’hui reprises par de nombreux artistes, et même par la publicité… Il est pourtant censuré depuis toujours en Russie, et bien qu’il ait pu continuer d’y travailler partiellement jusqu’à aujourd’hui, il témoigne que cela lui est devenu récemment impossible. On peut aussi évidemment constater qu’en Occident, de récents événements attaquent l’impunité artistique et les critiques du sacré.
Si la pratique de Kosolapov se rapproche visuellement du Pop’art américain, elle n’a pourtant pas la même essence.
Warhol a écrit que la démocratie était le fruit du consumérisme. Le caviar, aussi emblématique de la Russie que l’est le Coca-Cola pour les USA, est pourtant un produit de luxe qui n’a pas modifié la verticalité du pouvoir, mais est à son image. C’est tout le propos et la finesse du travail d’Alexander Kosolapov qui, par des opérations à l’apparence simple, cristallise la dialectique complexe de la seconde partie du 20 siècle.                                                                                                       
 
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Alexander Kosolapov was born in Moscow in 1943, and emigrated to the United States in 1975.
At the height of the Cold War, he developed an approach to reappropriation and diversion, combining symbols from Soviet political propaganda with those of American commercial advertising. The idealization of the masses is at work in both of those domains – for its purchasing power in the West and its productive power in the East.
Religious symbols, pop advertisement's imagery and major figures from western art history also enters into his practice of misappropriation, forming the structure of ideological systems that question him and make him react.
Kosolapov was a precursor in that kind of operation, which has since been taken up by many other artists and even by advertising… Yet he is still the object of censorship in Russia, and though he had been able to continue working there, at least in part, he recognizes that it has recently become impossible. We can also remark that recent events in the West have targeted artistic license and criticism of the sacred.
While Kosolapov’s practice visually resembles Pop Art, it does not have the same essence. Warhol wrote that democracy was the fruit of consumerism. Even so, caviar – as emblematic of Russia as Coca-Cola is of the USA – is a luxury product that has not modified the verticality of power, but is its very image. That is the whole intention and subtlety of Alexander Kosolapov’s work, which, through apparently simple operations, crystallizes the complex dialectic of the second half of the 20th century.